Quand la douleur chronique mène à la dépression.
- Info Vivago
- il y a 3 jours
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Auteur : Anne Amadei
Adjointe de direction de Giovanni Arcuri.
Ergothérapeute • Chargé de cours universitaire • Fondateur, Clinique Vivago
Date : 11 août 2026
Vivre avec une douleur chronique, c’est bien plus que ressentir une douleur physique. Lorsque celle-ci persiste malgré les médicaments, les interventions chirurgicales ou les différents traitements essayés, elle peut progressivement envahir toutes les sphères de la vie. Le sommeil, le travail, les relations, les loisirs et même les gestes les plus simples du quotidien peuvent devenir difficiles.
Avec le temps, cette souffrance constante peut entraîner un profond épuisement émotionnel et favoriser l’apparition d’une dépression.
Une douleur qui ne s’arrête jamais
La douleur chronique est généralement définie comme une douleur qui persiste pendant au moins trois mois ou au-delà de la période normale de guérison d’une blessure ou d’une maladie. Elle peut apparaître à la suite d’un accident, d’une intervention médicale, d’une maladie ou d’une atteinte aux nerfs. Dans certaines situations, sa cause demeure difficile à déterminer.
Certaines personnes entreprennent un long parcours médical : consultations, examens, médicaments, infiltrations, physiothérapie ou interventions chirurgicales. Malgré tous leurs efforts, aucun traitement ne parvient parfois à éliminer complètement la douleur.
Cette situation peut provoquer un sentiment d’impuissance. La personne peut avoir l’impression d’avoir tout essayé, sans obtenir le soulagement espéré. Elle doit alors apprendre à vivre avec une souffrance persistante, mais également avec l’incertitude et la crainte que celle-ci ne disparaisse jamais.
Les répercussions sur la vie quotidienne
La douleur chronique peut limiter considérablement les activités d’une personne. Travailler, conduire, cuisiner, faire de l’exercice, s’occuper de ses enfants ou participer à des activités sociales peut demander énormément d’énergie ou devenir impossible.
Peu à peu, la personne peut perdre plusieurs éléments importants de sa vie :
son autonomie;
certaines capacités physiques;
son emploi ou son rôle professionnel;
ses activités et ses passions;
une partie de sa vie sociale;
son sentiment d’utilité;
l’image qu’elle avait d’elle-même et de son avenir.
À ces pertes peuvent s’ajouter la fatigue, les troubles du sommeil, les difficultés financières, l’incompréhension de l’entourage et le sentiment d’être isolé. Parce que la douleur n’est pas toujours visible, certaines personnes ont également l’impression de devoir constamment expliquer ou justifier ce qu’elles vivent.
Selon le Gouvernement du Québec, la douleur chronique peut notamment entraîner de la fatigue, de l’isolement social, des difficultés relationnelles ainsi que des symptômes de dépression, d’anxiété ou d’irritabilité.

Pourquoi la dépression peut-elle apparaître?
La dépression associée à la douleur chronique n’est pas un manque de volonté ni une faiblesse personnelle. Elle peut être une réaction à des mois ou à des années de souffrance, de limitations et de pertes.
Lorsqu’une personne se réveille chaque jour avec de la douleur, sans savoir si elle pourra accomplir ses activités ou obtenir un soulagement, il devient difficile de préserver son énergie et son espoir. La douleur peut aussi perturber le sommeil et réduire l’activité physique et les contacts sociaux, soit des éléments qui jouent un rôle important dans le maintien de la santé psychologique.
Les signes de dépression peuvent comprendre :
une tristesse persistante;
une perte d’intérêt ou de plaisir;
un manque d’énergie;
un sentiment de vide, de découragement ou d’impuissance;
une tendance à s’isoler;
des changements dans le sommeil ou l’appétit;
des difficultés de concentration;
un sentiment de culpabilité ou d’inutilité;
des pensées liées à la mort ou au suicide.
La relation entre la douleur et la dépression peut devenir un cercle difficile à interrompre. La douleur affecte l’humeur, tandis que la dépression peut diminuer les capacités d’adaptation et rendre la douleur encore plus envahissante.
Cela ne signifie aucunement que la douleur est imaginaire. La douleur est réelle, tout comme ses conséquences psychologiques.
Faire le deuil de la vie d’avant
Après un accident ou l’apparition d’une maladie, certaines personnes vivent un véritable processus de deuil. Elles doivent composer avec la perte de capacités, de projets ou d’une certaine vision de leur avenir.
Ce deuil est rarement simple. Il peut s’accompagner de colère, d’injustice, de tristesse et d’incompréhension. La personne peut se demander : « Pourquoi moi? », « Est-ce que ma vie sera toujours comme cela? » ou « Qui suis-je maintenant que je ne peux plus faire ce que je faisais auparavant? »
Reconnaître cette souffrance est essentiel. Accepter la réalité d’une douleur persistante ne signifie pas abandonner ni cesser de chercher des solutions. Il s’agit plutôt de reconnaître les changements imposés par la douleur afin de construire, progressivement, une nouvelle manière de vivre.
Lorsque la douleur ne peut pas être éliminée
Même lorsqu’aucun médicament ou traitement chirurgical ne permet de supprimer complètement la douleur, un accompagnement demeure possible. L’objectif peut alors évoluer : plutôt que de viser uniquement la disparition de la douleur, on cherche aussi à réduire son impact sur la vie quotidienne et à retrouver un sentiment de contrôle.
Une prise en charge globale peut notamment comprendre :
un accompagnement psychologique;
des stratégies pour mieux composer avec les pensées et les émotions liées à la douleur;
un soutien en ergothérapie afin d’adapter les activités et de préserver l’autonomie;
des exercices ou des mouvements adaptés aux capacités de la personne;
un travail sur le sommeil, le stress et la gestion de l’énergie;
des stratégies de distraction permettant de détourner temporairement l’attention de la douleur;
un soutien social ou la participation à un groupe de personnes vivant une réalité semblable;
un suivi médical régulier.
Il ne s’agit pas de prétendre que la douleur disparaîtra simplement en pensant positivement ou en essayant de ne plus y penser. Les stratégies de distraction ne font pas disparaître la douleur, mais elles peuvent parfois aider à diminuer la place qu’elle occupe dans certaines situations.
L’objectif est d’aider la personne à retrouver des repères, des activités significatives et une certaine qualité de vie, malgré les limites imposées par sa condition.
La Clinique Vivago est là pour vous accompagner
À la Clinique Vivago, nous comprenons que la douleur chronique peut avoir des conséquences importantes sur la santé mentale, l’autonomie et la qualité de vie.
Nos professionnels peuvent vous accompagner afin de mieux gérer les répercussions psychologiques et fonctionnelles de la douleur. Ensemble, nous pouvons vous aider à :
mieux comprendre les liens entre la douleur, les émotions et le stress;
développer des stratégies pour composer avec les moments plus difficiles;
découvrir des moyens de détourner temporairement votre attention de la douleur;
adapter certaines activités quotidiennes en fonction de vos capacités;
mieux gérer votre énergie et respecter vos limites;
retrouver des activités significatives et adaptées à votre réalité;
diminuer l’isolement et retrouver progressivement un sentiment de contrôle.
Chaque personne vit la douleur différemment. L’accompagnement proposé est donc adapté à votre situation, à vos besoins et aux objectifs qui sont importants pour vous.
Demander de l’aide est important
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être complètement épuisé pour consulter. Lorsqu’une douleur persistante s’accompagne de tristesse, d’isolement, d’une perte d’intérêt ou d’un sentiment de désespoir, il est important d’en parler à un professionnel de la santé.
Un accompagnement psychologique peut offrir un espace sécurisant pour exprimer la colère, la peur, la fatigue et le deuil associés à la douleur chronique. Il peut également aider la personne à développer des stratégies adaptées à sa réalité, à reconstruire son estime d’elle-même et à retrouver graduellement des sources de sens et de satisfaction.
La douleur chronique peut profondément transformer une vie, mais personne ne devrait avoir à traverser cette épreuve seul. Même lorsque la douleur physique ne peut pas être entièrement éliminée, la souffrance psychologique peut être reconnue, accompagnée et atténuée.
Besoin d’aide immédiatement?
Si vous ou une personne de votre entourage avez des pensées suicidaires ou craignez pour votre sécurité, composez ou textez le 9-8-8. Ce service est accessible partout au Canada, en français et en anglais, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Lien à ajouter sur « 9-8-8 » :https://www.canada.ca/fr/sante-publique/nouvelles/2023/11/9-8-8--ligne-daide-en-cas-de-crise-de-suicide.html
En cas de danger immédiat, composez le 9-1-1.
Cet article fournit de l’information générale et ne remplace pas une évaluation, un diagnostic ou un avis médical personnalisé.



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