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Man feeling anxious in front of computer

Options de traitement de l’anxiété

Une approche fonctionnelle en soins gradués vers le rétablissement

Rédigé par Gio Arcuri, OT, MSc

Ergothérapeute en santé mentale

Chargé de cours, Université McGill

Fondateur de la Clinique Vivago

L’anxiété est l’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles les gens consultent en santé mentale — mais c’est aussi l’une des plus mal comprises. Plusieurs se demandent si leur anxiété est « assez grave », s’ils devraient essayer de la gérer seuls, ou si un traitement pourrait réellement les aider.

 

À Vivago, nous abordons l’anxiété autrement.

 

Plutôt que de demander : « Quel diagnostic s’applique ? », nous nous demandons :

 

Comment l’anxiété affecte-t-elle votre vie quotidienne — et quel niveau de soutien vous aiderait à mieux fonctionner en ce moment ?

 

Cette page présente les options de traitement de l’anxiété fondées sur les données probantes, organisées selon le modèle de soins gradués en trois niveaux de Vivago, qui adapte l’intensité et le type de soins à vos besoins fonctionnels, et non uniquement à une étiquette diagnostique. Vous y trouverez des informations sur la psychothérapie, l’ergothérapie, la médication et les soins interdisciplinaires — le tout appuyé par des données cliniques et une application concrète dans la vie réelle.

 

Si vous n’êtes pas certain·e de la place que vous occupez dans ce continuum, cette incertitude est souvent en soi un signe qu’un soutien pourrait être bénéfique.

Avis important en matière médicale et clinique

Les informations présentées sur cette page sont fournies à des fins éducatives et informatives uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical, psychologique, psychiatrique ou thérapeutique.

 

Ce contenu n’a pas pour objectif de :

 

  • Poser un diagnostic de santé mentale

  • Remplacer une évaluation clinique individualisée

  • Recommander des médicaments ou des plans de traitement spécifiques

  • Se substituer à une consultation auprès d’un·e professionnel·le de la santé dûment autorisé·e

 

Les décisions relatives au traitement — y compris le fait de commencer, d’arrêter ou de modifier une médication — doivent toujours être prises en consultation avec un·e médecin, un·e psychiatre, un·e infirmier·ère praticien·ne ou tout autre prescripteur·trice autorisé·e.

Do I need treatment for my anxiety?

Ai-je besoin d’un traitement pour mon anxiété ?

Comprendre l’ajustement, le moment opportun et la métaphore de la chaussure

Choisir un traitement pour l’anxiété, c’est d’abord une question d’ajustement.

 

À la Clinique Vivago, nous utilisons souvent la métaphore de la chaussure :

 

  • Une chaussure trop serrée cause de la douleur et limite les mouvements

  • Une chaussure trop large offre un soutien insuffisant

  • Une chaussure de mauvaise forme crée de la friction, de la fatigue ou même des blessures

  • La bonne chaussure soutient le mouvement sans se faire remarquer

 

Les traitements en santé mentale fonctionnent de la même manière.

 

Un traitement qui permet à une personne d’avancer peut sembler envahissant, contraignant ou inefficace pour une autre — non pas parce qu’elle est « résistante », mais parce que l’ajustement n’est pas le bon à ce moment précis de sa vie.

 

 

Ce que signifie l’« ajustement » en traitement de l’anxiété

 

L’ajustement dépend notamment de :

 

  • La manière dont l’anxiété affecte les occupations (sommeil, travail, études, relations, intimité, loisirs)

  • Le niveau de structure, de soutien ou de flexibilité dont vous avez besoin actuellement

  • La capacité actuelle de votre système nerveux

  • Vos expériences antérieures de traitement (ce qui a aidé, ce qui a moins fonctionné)

  • Les exigences et les ressources de votre environnement

 

Les soins gradués existent parce que l’ajustement évolue avec le temps. Parfois, une chaussure plus robuste est nécessaire. Parfois, quelque chose de plus léger suffit. Parfois, il faut changer complètement de modèle.

 

Le traitement de l’anxiété est le plus efficace lorsqu’il est adapté, plutôt que prescrit de façon rigide.

 

 

Références

 

Canadian Association of Occupational Therapists. (s.d.). Occupational therapy and mental health practice.

 

National Institute for Health and Care Excellence. (2020). Generalised anxiety disorder and panic disorder in adults (CG113).

Le modèle Vivago de l'approche par paliers pour l’anxiété

Vivago utilise un modèle simplifié de soins par palier:

 

Niveau 1 – Prévention et intervention précoce

 

Niveau 2 – Soins intermédiaires en consultation externe

 

Niveau 3 – Soins spécialisés ou intensifs

 

Le passage d’un niveau à l’autre n’est pas linéaire et repose sur le fonctionnement, et non sur un échec.

Anxious person chatting with their therapist
Vivago's Stepped Care Model

NIVEAU 2 – SOINS INTERMÉDIAIRES
Options de traitement psychologique de base pour l’anxiété

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC – Thérapie cognitivo-comportementale)

 

 

Comment fonctionne la TCC

 

La thérapie cognitivo-comportementale repose sur l’idée que l’anxiété est maintenue par l’interaction de processus cognitifs, comportementaux et physiologiques. La TCC intervient en :

 

  • Modifiant les interprétations basées sur la menace

  • Réduisant l’évitement et les comportements de sécurité

  • Favorisant un apprentissage correctif grâce à des expériences comportementales et à l’exposition

 

La TCC ne vise pas à éliminer complètement l’anxiété, mais à modifier le sens et les conséquences des réponses anxieuses.

 

 

Pour qui la TCC est-elle particulièrement indiquée ?

 

  • Anxiété généralisée marquée par des ruminations

  • Trouble panique et attaques de panique

  • Anxiété sociale et anxiété de performance

  • Anxiété alimentée par des pensées catastrophiques et l’évitement

 

 

À quoi ressemble la TCC d’une semaine à l’autre ?

 

  • Analyse fonctionnelle des déclencheurs d’anxiété

  • Observation des pensées et des comportements liés aux situations quotidiennes

  • Expositions ou expériences comportementales entre les séances

  • Analyse des apprentissages plutôt que des seuls scores symptomatiques

 

 

Idées reçues courantes

 

  • La TCC est de la « pensée positive » → faux

  • La TCC ignore les émotions → faux

  • La TCC est superficielle → faux lorsqu’elle est bien menée

 

 

Références

 

Otte, C. (2011). Dialogues in Clinical Neuroscience, 13(4), 413–421.

Curtiss et al. (2021). Focus, 19(2), 184–193.

 

 

Thérapies basées sur l’exposition

 

 

Comment fonctionne l’exposition

 

Les thérapies d’exposition réduisent l’anxiété en diminuant systématiquement l’évitement, permettant au système nerveux d’apprendre que les situations ou sensations redoutées sont tolérables et non catastrophiques. Les modèles contemporains mettent l’accent sur l’apprentissage inhibiteur, plutôt que sur la simple habituation.

 

 

Pour qui l’exposition est-elle indiquée ?

 

  • Trouble panique

  • Phobies

  • Trouble d’anxiété sociale

  • Anxiété liée à la peur des sensations corporelles ou de l’incertitude

 

 

À quoi ressemble l’exposition d’une semaine à l’autre ?

 

  • Élaboration collaborative d’une hiérarchie d’exposition

  • Expositions répétées et planifiées en contexte réel

  • Analyse des prédictions et des apprentissages

 

 

Idées reçues courantes

 

  • L’exposition équivaut à un « bombardement » → faux

  • L’exposition est dangereuse → faux lorsqu’elle est graduée et encadrée cliniquement

 

 

Références

 

Craske et al. (2014). Behaviour Research and Therapy, 58, 10–23.

NICE (2020).

 

 

Thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT – Acceptance and Commitment Therapy)

 

 

Comment fonctionne l’ACT

 

L’ACT vise à accroître la flexibilité psychologique, en aidant les personnes à :

 

  • Accepter leurs expériences internes sans les éviter

  • Se distancier des pensées anxieuses

  • Agir en cohérence avec leurs valeurs malgré l’inconfort

 

L’ACT redéfinit le rétablissement comme l’élargissement de la participation à la vie, plutôt que l’attente de la disparition complète de l’anxiété.

 

 

Pour qui l’ACT est-elle indiquée ?

 

  • Anxiété chronique ou résistante au traitement

  • Anxiété liée à l’identité, au perfectionnisme ou à l’épuisement

  • Personnes épuisées par la gestion constante des symptômes

 

 

À quoi ressemble l’ACT d’une semaine à l’autre ?

 

  • Clarification des valeurs

  • Pratiques de pleine conscience et de défusion

  • Engagement dans des actions alignées sur les valeurs

 

 

Références

 

A-Tjak et al. (2015). Behaviour Research and Therapy, 68, 1–16.

 

 

Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT – Mindfulness-Based Cognitive Therapy)

 

 

Comment fonctionne la MBCT

 

La MBCT combine des pratiques de pleine conscience avec des principes cognitifs afin de réduire :

 

  • La rumination

  • L’hypervigilance face à la menace

  • La réactivité émotionnelle

 

 

Pour qui la MBCT est-elle indiquée ?

 

  • Anxiété dominée par la rumination et l’hyperactivité mentale

  • Symptômes anxieux récurrents

  • Personnes ouvertes aux approches basées sur la pleine conscience

 

 

Références

 

Segal, Z. V., Williams, J. M. G., & Teasdale, J. D. (2013). Mindfulness-based cognitive therapy for depression. Guilford Press.

 

 

Ergothérapie et anxiété

 

 

Interventions centrées sur l’occupation et fondées sur les données probantes

 

L’ergothérapie aborde l’anxiété en se concentrant sur la façon dont elle perturbe la vie quotidienne, en appliquant des principes psychologiques validés directement aux occupations réelles.

 

 

Fondements théoriques en ergothérapie pour l’anxiété

 

Les interventions en ergothérapie s’inspirent notamment de :

 

  • Approches informées par la thérapie cognitivo-comportementale

  • Approches informées par la thérapie d’acceptation et d’engagement

  • Modèles d’apprentissage par l’exposition

  • Cadres d’intégration sensorielle et de modulation sensorielle

  • Principes de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience

 

 

Interventions centrales en ergothérapie

 

 

Exposition basée sur l’occupation

 

  • Exposition intégrée dans des activités significatives (travail, courses, participation sociale)

  • Accent sur la participation plutôt que sur la suppression des symptômes

 

 

Ergothérapie informée par la TCC

 

  • Identification des prédictions anxieuses liées à des tâches spécifiques

  • Expériences comportementales intégrées aux occupations

  • Réduction des comportements de sécurité dans les routines

 

 

Ergothérapie informée par l’ACT

 

  • Définition d’objectifs alignés sur les valeurs

  • Soutien à l’engagement malgré l’anxiété

  • Reconstruction identitaire et des rôles

 

 

Intégration sensorielle et modulation sensorielle

 

  • Identification des déclencheurs sensoriels

  • Stratégies de régulation du système nerveux

  • Adaptations environnementales

 

 

Réhabilitation des routines et des rôles

 

  • Restructuration veille–sommeil

  • Planification du retour au travail ou aux études

  • Rétablissement de l’équilibre occupationnel

 

 

Pour qui l’ergothérapie est-elle indiquée ?

 

  • Anxiété affectant le travail, les études, les soins personnels ou les relations

  • Personnes ayant une bonne compréhension cognitive mais peu de changement fonctionnel

  • Anxiété associée à l’épuisement, à la neurodivergence ou à l’hypersensibilité sensorielle

 

 

Références

 

Brown & Stoffel (2011). Occupational therapy in mental health.

Champagne & Stromberg (2004). OTJR.

CAOT (s.d.).

 

 

Approche interdisciplinaire dans le traitement de l’anxiété

 

Le traitement de l’anxiété bénéficie souvent d’une collaboration entre professionnels, selon le contexte :

 

  • Psychologie : psychothérapie et formulation clinique

  • Ergothérapie : réadaptation fonctionnelle et exposition dans la vie quotidienne

  • Psychiatrie : clarification diagnostique et gestion de la médication

  • Travail social : facteurs psychosociaux, systèmes familiaux, accès aux ressources

  • Sexologie : anxiété liée à l’intimité, à la performance, au désir ou aux traumatismes sexuels

  • Soins infirmiers / première ligne : coordination, suivi et éducation

 

Les soins intégrés favorisent la continuité, la sécurité et de meilleurs résultats fonctionnels.

 

 

Références

 

Katzman et al. (2014). BMC Psychiatry, 14(Suppl 1), S1.

Psychological Treatment Options for Anxiety
Mindfuless practice for anxiety

Avis spécifique concernant la médication

Les informations relatives aux médicaments présentées sur cette page :
   •    Viennent appuyer une compréhension générale des traitements couramment utilisés
   •    Ne constituent pas des recommandations de prescription
   •    Ne remplacent pas une évaluation médicale
   •    Ne doivent pas être interprétées comme une recommandation d’un médicament en particulier

Ne commencez, n’interrompez ni ne modifiez jamais un médicament prescrit sans supervision médicale.
L’arrêt brusque de certains médicaments (y compris les antidépresseurs, les benzodiazépines et autres anxiolytiques) peut entraîner des symptômes de sevrage, une recrudescence de l’anxiété ou d’autres risques médicaux.

Si vous prenez actuellement un médicament et avez des préoccupations concernant les effets secondaires, l’efficacité ou l’arrêt du traitement, consultez votre professionnel·le prescripteur·trice.

Médication et traitement de l’anxiété

Mécanismes, délais d’action, risques et pertinence clinique dans un modèle de soins gradués

La médication peut jouer un rôle important dans le traitement de l’anxiété, particulièrement lorsque celle-ci interfère significativement avec le fonctionnement quotidien, dépasse la capacité de régulation du système nerveux ou limite la capacité d’une personne à s’engager en psychothérapie et dans des interventions centrées sur l’occupation.

 

Dans une approche en soins gradués, la médication n’est pas une solution autonome, mais plutôt un outil qui peut :

 

  • Réduire l’intensité de base de l’anxiété

  • Diminuer l’hyperactivation physiologique

  • Augmenter la tolérance à l’exposition et aux activités quotidiennes

  • Soutenir l’engagement en thérapie et en réadaptation fonctionnelle

 

Les décisions relatives à la médication sont toujours individualisées et doivent être prises en collaboration avec un·e prescripteur·trice qualifié·e. Les informations ci-dessous sont fournies à des fins éducatives et pour soutenir une prise de décision éclairée — non pour l’autoprescription.

 

 

Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS – Selective Serotonin Reuptake Inhibitors)

 

 

Comment fonctionnent les ISRS (au-delà des notions de base)

 

Les ISRS inhibent la recapture de la sérotonine au niveau synaptique, augmentant sa disponibilité dans le cerveau. Toutefois, leurs effets anxiolytiques ne s’expliquent pas simplement par « plus de sérotonine ».

 

Avec le temps, les ISRS sont associés à :

 

  • Une modulation des circuits de la peur et de la menace (ex. connectivité amygdale–cortex préfrontal)

  • Une réduction de l’hyperréactivité face aux menaces perçues

  • Une amélioration de la régulation émotionnelle descendante

  • Des changements neuroadaptatifs qui prennent des semaines, et non des jours

 

Cela explique pourquoi les ISRS ne procurent pas un soulagement immédiat et pourquoi des effets secondaires précoces peuvent apparaître avant les bénéfices thérapeutiques.

 

 

Indications courantes

 

Les ISRS sont recommandés comme traitement pharmacologique de première intention pour :

 

  • Trouble d’anxiété généralisée

  • Trouble panique

  • Trouble d’anxiété sociale

  • Trouble obsessionnel-compulsif (avec ajustements posologiques spécifiques)

 

Ils sont souvent privilégiés en raison de :

 

  • Une base de données probantes solide

  • Un profil généralement non sédatif

  • Une pertinence pour un usage à long terme lorsque indiqué

 

 

À quoi s’attendre au début du traitement

 

Le facteur temps est essentiel — une mauvaise compréhension de ce point est l’une des principales raisons d’arrêt prématuré.

 

Évolution typique :

 

  • Semaines 1–2 : possible augmentation transitoire de l’anxiété, agitation, symptômes gastro-intestinaux, changements du sommeil

  • Semaines 3–6 : stabilisation progressive, amélioration fluctuante

  • 6–8 semaines et plus : effets anxiolytiques plus constants

 

Un inconfort initial ne prédit pas une inefficacité à long terme.

 

 

Pourquoi un arrêt précoce est risqué

 

Un arrêt prématuré peut entraîner :

 

  • Absence de neuroadaptation thérapeutique

  • Conclusion erronée d’inefficacité

  • Risque accru de rechute

  • Symptômes de discontinuation en cas d’arrêt brusque (étourdissements, irritabilité, « décharges électriques », symptômes pseudo-grippaux)

 

Dans une perspective de soins gradués, les ISRS nécessitent souvent un soutien parallèle (psychoéducation, ergothérapie, psychothérapie) durant la phase d’ajustement.

 

 

Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN – Serotonin–Norepinephrine Reuptake Inhibitors)

 

 

Mécanisme d’action

 

Les IRSN augmentent la disponibilité de la sérotonine et de la noradrénaline en inhibant leur recapture. La noradrénaline intervient dans :

 

  • La vigilance

  • La régulation de l’énergie

  • La réponse au stress

 

En ciblant ces deux neurotransmetteurs, les IRSN peuvent influencer l’anxiété cognitive et les symptômes somatiques (tension, fatigue, douleur).

 

 

Quand les IRSN sont envisagés

 

  • Anxiété associée à douleur chronique

  • Fatigue marquée

  • Intolérance ou inefficacité des ISRS

 

Un sevrage progressif est nécessaire pour éviter étourdissements, troubles sensoriels, irritabilité ou anxiété rebond.

 

 

Benzodiazépines

 

 

Usage à court terme ou situationnel seulement

 

Les benzodiazépines potentialisent l’effet du GABA (acide gamma-aminobutyrique), principal neurotransmetteur inhibiteur du cerveau, entraînant :

 

  • Effet anxiolytique rapide

  • Relaxation musculaire

  • Sédation

 

 

Limites

 

  • Tolérance

  • Dépendance physique et psychologique

  • Ralentissement cognitif

  • Symptômes de sevrage si arrêt brusque

 

À long terme, elles peuvent interférer avec l’apprentissage en thérapie d’exposition et limiter l’autonomie fonctionnelle.

 

 

Prégabaline (nom commercial courant : Lyrica)

 

 

Mécanisme d’action (distinction importante)

 

La prégabaline n’agit pas directement sur la sérotonine ni sur les récepteurs GABA. Elle se lie à la sous-unité alpha-2-delta des canaux calciques voltage-dépendants, réduisant la libération de neurotransmetteurs excitateurs.

 

Effets :

 

  • Réduction de l’hyperactivation physiologique

  • Diminution de l’anxiété somatique (tension musculaire, agitation)

  • Effet calmant sans émoussement cognitif chez certaines personnes

 

 

Indications

 

  • Anxiété vécue principalement dans le corps

  • Agitation marquée ou hypersensibilité sensorielle

  • Intolérance aux antidépresseurs

  • Chevauchement avec douleur chronique ou troubles du sommeil

 

Un arrêt progressif est recommandé pour éviter anxiété rebond ou symptômes de sevrage.

 

 

Gabapentine

 

 

Mécanisme

 

Mécanisme similaire à la prégabaline (action sur les canaux calciques).

 

 

Usage

 

Utilisation hors indication officielle dans certains contextes :

 

  • Symptômes physiques marqués

  • Perturbations du sommeil

 

Les données probantes sont moins robustes que pour la prégabaline.

 

 

Bêtabloquants (ex. propranolol)

 

 

Mécanisme

 

Blocage des récepteurs bêta-adrénergiques, réduisant :

 

  • Fréquence cardiaque

  • Tremblements

  • Symptômes physiques de l’anxiété

 

 

Indications

 

  • Anxiété de performance

  • Anxiété situationnelle dominée par symptômes physiques

 

Ils ne traitent pas la rumination ou les comportements d’évitement.

 

 

La médication dans un modèle de soins gradués centré sur l’occupation

 

La médication est plus efficace lorsqu’elle est :

 

  • Adaptée au profil symptomatique et à l’impact fonctionnel

  • Utilisée pendant une durée adéquate

  • Intégrée à la psychothérapie et à l’ergothérapie

  • Réévaluée régulièrement à mesure que le fonctionnement s’améliore

 

Du point de vue de l’ergothérapie, la médication n’est pas une fin en soi — elle est souvent le pont permettant de :

 

  • Réinvestir les routines quotidiennes

  • Tolérer l’exposition et l’incertitude

  • Reconstruire des rôles et une participation significative

Medication Treatment Options for Anxiety

Questions fréquentes sur le traitement de l’anxiété

L’anxiété n’a pas besoin d’atteindre un point de rupture pour mériter des soins. Plusieurs personnes consultent non pas parce qu’elles « s’effondrent », mais parce que l’anxiété a progressivement rétréci leur vie — perturbant le sommeil, le travail, les relations, la confiance ou le plaisir.

 

Un traitement efficace de l’anxiété repose rarement sur une seule technique. Il repose plutôt sur :

 

  • L’ajustement (la bonne approche au bon moment)

  • Le fonctionnement (l’impact réel sur la vie quotidienne)

  • La flexibilité (adapter les soins à mesure que les besoins évoluent)

 

Une approche en soins gradués permet d’offrir un soutien adapté à votre réalité actuelle, et d’ajuster l’intensité des soins au fil de l’évolution de vos capacités et de votre fonctionnement.

 

Si vous hésitez quant au niveau de soins qui vous conviendrait, cette question est souvent en soi une première étape — et vous n’avez pas à y répondre seul·e.

Frequently Asked Questions About Anxiety Treatment

Quels sont les traitements les plus efficaces pour l’anxiété ?

 

Les traitements les plus efficaces pour l’anxiété sont les psychothérapies fondées sur les données probantes — en particulier la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et les thérapies basées sur l’exposition — ainsi que la médication lorsque cela est cliniquement indiqué. Pour plusieurs personnes, les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la psychothérapie, l’ergothérapie et (au besoin) la médication sont combinées dans une approche en soins gradués.

 

La recherche soutient de façon constante la TCC et l’exposition comme traitements psychologiques de première intention pour les troubles anxieux. Des médicaments comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) peuvent être recommandés lorsque l’anxiété interfère significativement avec le sommeil, le travail ou le fonctionnement quotidien.

 

 

Ai-je vraiment besoin d’un traitement pour mon anxiété, ou est-ce simplement du stress normal ?

 

Le stress est une réponse normale aux exigences de la vie. L’anxiété peut bénéficier d’un traitement lorsqu’elle :

 

  • Perturbe le sommeil

  • Affecte le rendement au travail ou aux études

  • Entraîne l’évitement d’activités quotidiennes

  • Affecte les relations

  • Provoque une tension physique persistante ou des inquiétudes constantes

 

Si l’anxiété rétrécit progressivement votre vie, un traitement peut aider à restaurer la flexibilité et le fonctionnement.

 

 

Comment savoir quel traitement de l’anxiété me convient ?

 

Le traitement approprié dépend de :

 

  • L’impact de l’anxiété sur votre vie quotidienne

  • La sévérité et la persistance des symptômes

  • La présence de comportements d’évitement

  • Votre historique de traitement

  • Votre niveau actuel de fonctionnement

 

Un modèle de soins gradués permet de déterminer si un soutien préventif, une thérapie hebdomadaire ou un traitement plus intensif est indiqué.

 

 

La thérapie ou la médication est-elle meilleure pour traiter l’anxiété ?

 

Ni la thérapie ni la médication n’est universellement « meilleure ».

 

  • La psychothérapie agit sur les pensées, les comportements et l’évitement.

  • La médication peut réduire l’intensité de base de l’anxiété et l’hyperactivation physiologique.

 

Pour plusieurs personnes, la combinaison des deux mène à de meilleurs résultats fonctionnels que l’un ou l’autre seul. Une anxiété légère ou situationnelle peut bien répondre à la thérapie sans médication.

 

 

Combien de temps dure le traitement de l’anxiété ?

 

La durée varie selon la sévérité et le type de traitement.

 

  • La thérapie cognitivo-comportementale s’étend souvent sur 8 à 20 séances.

  • La médication peut nécessiter 4 à 8 semaines avant une amélioration significative.

  • Les programmes intensifs peuvent accélérer les progrès lorsque la thérapie hebdomadaire est insuffisante.

 

Le rétablissement n’est pas linéaire. L’objectif est de développer la flexibilité et des capacités d’adaptation durables, et non seulement de réduire les symptômes.

 

 

L’anxiété peut-elle disparaître sans traitement ?

 

Une anxiété légère ou situationnelle peut parfois s’améliorer grâce à des changements de mode de vie ou à la résolution de facteurs déclencheurs. Toutefois, les troubles anxieux persistants ont tendance à se maintenir ou à s’aggraver sans intervention ciblée.

 

Un traitement précoce est associé à de meilleurs résultats à long terme et à une réduction des impacts fonctionnels.

 

 

Que faire si le traitement de l’anxiété ne fonctionne pas ?

 

Lorsque le traitement ne semble pas aider, il s’agit souvent d’un problème d’ajustement, et non d’un échec. Les raisons possibles incluent :

 

  • Modalité thérapeutique inadéquate

  • Intensité insuffisante

  • Traumatisme ou facteur médical non traité

  • Mauvais ajustement avec le·la clinicien·ne

  • Arrêt prématuré de la médication

 

Un cadre en soins gradués permet d’ajuster l’intensité ou le type de traitement.

 

 

Qu’est-ce que la thérapie d’exposition et est-elle sécuritaire ?

 

La thérapie d’exposition réduit graduellement et systématiquement l’évitement des situations ou sensations redoutées. Il s’agit de l’un des traitements les plus étudiés et les plus efficaces pour les troubles anxieux.

 

Lorsqu’elle est encadrée par un·e professionnel·le formé·e et adaptée au rythme de la personne, l’exposition est considérée comme sécuritaire et fondée sur les données probantes. Elle ne consiste pas à forcer quelqu’un dans des situations accablantes.

 

 

Les médicaments contre l’anxiété créent-ils une dépendance ?

 

La plupart des médicaments de première intention pour l’anxiété, comme les ISRS et les IRSN, ne créent pas de dépendance. Cependant :

 

  • Les benzodiazépines peuvent entraîner une dépendance si utilisées à long terme.

  • Certains médicaments nécessitent un sevrage progressif pour éviter des symptômes de discontinuation.

 

Les décisions concernant la médication doivent toujours être prises avec un·e prescripteur·trice qualifié·e.

 

 

L’anxiété peut-elle revenir après un traitement ?

 

L’anxiété peut fluctuer au cours de la vie, particulièrement en période de stress. Un traitement efficace développe la flexibilité psychologique, les habiletés d’adaptation et la régulation du système nerveux, de sorte que l’anxiété devienne moins envahissante, même si elle réapparaît.

 

Le traitement vise à élargir la participation à la vie — et non à éliminer toute anxiété de façon permanente.

 

 

Quand un traitement intensif de l’anxiété est-il nécessaire ?

 

Un traitement intensif ou semi-intensif peut être indiqué lorsque :

 

  • La thérapie hebdomadaire est insuffisante

  • L’anxiété perturbe gravement le travail ou les études

  • L’évitement est devenu généralisé

  • Les attaques de panique ou les états de blocage limitent fortement le fonctionnement

 

Dans ces situations, des programmes structurés comprenant plusieurs séances par semaine peuvent offrir un cadre contenant et favoriser une progression plus soutenue.

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