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Trouble de la personnalité limite: Options de traitement

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Rédigé par Giovanni (Gio) Arcuri, OT, MSc

15 mars 2026

Ergothérapeute en santé mentale

Chargé de cours, Université McGill

Fondateur de la Clinique Vivago

Avis médical et clinique important

Les informations présentées sur cette page sont fournies à des fins éducatives et informatives uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical, psychologique, psychiatrique ou thérapeutique.

 

Ce contenu n’a pas pour objectif de :

 

  • Diagnostiquer un trouble de santé mentale

  • Remplacer une évaluation clinique individualisée

  • Recommander des médicaments ou des plans de traitement spécifiques

  • Se substituer à une consultation avec un professionnel de la santé autorisé

 

Les décisions liées au traitement — y compris le fait de commencer, d’arrêter ou d’ajuster un médicament — doivent toujours être prises en consultation avec un médecin qualifié, un psychiatre, une infirmière praticienne ou tout autre professionnel autorisé à prescrire.

Le trouble de la personnalité limite (TPL) est un trouble de santé mentale complexe associé à une souffrance émotionnelle importante, à une instabilité relationnelle, à de l’impulsivité, à des perturbations de l’identité et à un impact fonctionnel significatif. Il est aussi lié à un recours élevé aux soins, à un fardeau social important, ainsi qu’à un risque accru d’automutilation et de suicidalité. Il est toutefois essentiel de rappeler qu’avec le bon accompagnement, de nombreuses personnes s’améliorent de façon significative avec le temps (Leichsenring et al., 2024; Mayo Clinic, 2024; NHS, n.d.).

 

À la Clinique Vivago, nous croyons que le traitement du trouble de la personnalité limite doit aller au-delà de la simple réduction des symptômes. Il doit aussi aider la personne à construire une vie plus stable, plus fonctionnelle et plus satisfaisante au quotidien. Cela implique de travailler non seulement la régulation émotionnelle, mais aussi les routines, les relations, le travail, les études, les soins personnels, les limites, les rôles et la participation à la vie de tous les jours.

 

 

Qu’est-ce que le trouble de la personnalité limite?

 

Le trouble de la personnalité limite se traite principalement par la psychothérapie. Les approches appuyées par les données probantes comprennent notamment la thérapie comportementale dialectique (TCD), la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la thérapie centrée sur les schémas, la thérapie basée sur la mentalisation (MBT) et le programme STEPPS. La médication n’est pas le traitement principal du TPL, mais elle peut parfois être utilisée pour cibler certains symptômes associés ou des troubles concomitants. Dans certaines situations, une hospitalisation peut aussi être indiquée si la sécurité est compromise (Mayo Clinic, 2024).

 

Les personnes vivant avec un TPL peuvent présenter :

 

  • des émotions très intenses qui changent rapidement

  • une peur marquée de l’abandon

  • des relations instables ou conflictuelles

  • des comportements impulsifs ou autodestructeurs

  • un sentiment chronique de vide

  • une identité instable

  • des difficultés importantes de tolérance à la détresse

  • des épisodes de dissociation, de méfiance ou de désorganisation émotionnelle sous stress

 

Le TPL est aussi fréquemment associé à d’autres conditions de santé mentale, comme la dépression, les troubles liés à l’usage de substances, le trouble de stress post-traumatique, le TDAH, le trouble bipolaire, la boulimie et d’autres troubles de la personnalité (Leichsenring et al., 2024).

 

 

Une approche Vivago claire du traitement du trouble de la personnalité limite

 

1. Bienveillants et non stigmatisants

 

Les personnes vivant avec un TPL sont souvent confrontées à de la stigmatisation dans le réseau de la santé. Une bonne approche clinique commence donc par le respect, la collaboration, la sécurité émotionnelle, et la compréhension que les comportements observés reflètent souvent des tentatives de faire face à une détresse intense, à des blessures relationnelles ou à un chaos interne, plutôt qu’un manque de volonté ou un défaut de caractère. Le TPL est associé à des atteintes fonctionnelles importantes et à un recours élevé aux soins, ce qui renforce l’importance d’un accompagnement accessible, respectueux et soutenu (Leichsenring et al., 2024).

 

 

2. Fondés sur les données probantes

 

La psychothérapie est au cœur du traitement. La TCD, la MBT, la TCC, la thérapie centrée sur les schémas et STEPPS ont toutes un certain niveau de soutien empirique dans le traitement du TPL La TCD en particulier est l’une des approches les plus connues et structurées, surtout lorsque la dysrégulation émotionnelle, les comportements d’automutilation ou les crises répétées sont au premier plan (Mayo Clinic, 2024; NHS, n.d.).

 

 

3. Axés sur le fonctionnement

 

Le traitement ne devrait pas seulement poser la question : « À quel point êtes-vous en détresse? » Il devrait aussi demander :

 

  • Comment allez-vous au quotidien?

  • Êtes-vous capable de travailler, d’étudier, de vous reposer, de manger, de dormir, de gérer vos rendez-vous, de maintenir des relations et de prendre soin de vous?

  • Que devient votre fonctionnement lorsque les émotions montent?

 

Mayo Clinic souligne explicitement que la psychothérapie pour le TPL doit aider la personne à améliorer sa capacité de fonctionnement, à mieux gérer les émotions difficiles, à réduire l’impulsivité et à améliorer les relations. Cette lecture fonctionnelle est l’une des façons les plus fortes de distinguer une page interdisciplinaire de qualité d’une page plus générique axée uniquement sur la psychologie (Mayo Clinic, 2024).

 

 

4. Interdisciplinaires lorsque nécessaire

 

Le NHS précise que le traitement peut impliquer des équipes communautaires de santé mentale comprenant des psychologues, psychiatres, infirmier·ère·s, travailleur·euse·s sociaux·ales et ergothérapeutes. Pour plusieurs personnes, surtout lorsqu’il existe des crises répétées, un trauma concomitant, des difficultés exécutives, une instabilité au travail ou des perturbations dans les soins personnels, un modèle interdisciplinaire n’est pas seulement utile — il est souvent plus réaliste cliniquement (NHS, n.d.).

 

 

5. Orientés vers une vie qui vaut la peine d’être vécue

 

Une bonne approche du TPL ne devrait pas se limiter à diminuer les crises. Elle devrait aider la personne à se rapprocher d’une vie qui semble plus stable, plus digne, plus cohérente et plus satisfaisante : des relations plus sécurisantes, une meilleure capacité à se réguler, des routines plus constantes, plus de respect de soi, un meilleur équilibre occupationnel et une participation accrue à des activités significatives. Les thérapies efficaces comme la TCD visent non seulement à réduire le danger, mais aussi à améliorer le fonctionnement quotidien et la stabilité à long terme (Mayo Clinic, 2024).

 

 

Comment l’ergothérapie peut aider dans le trouble de la personnalité limite

 

 

L’ergothérapie agit sur la participation dans la vie réelle

 

Les ergothérapeutes s’intéressent à la façon dont la santé mentale influence la capacité d’une personne à fonctionner dans les activités et rôles qui structurent la vie quotidienne. Dans le TPL, cela peut inclure des difficultés à :

 

  • maintenir des routines

  • stabiliser le cycle veille-sommeil

  • manger de façon régulière

  • fonctionner au travail

  • participer aux études

  • gérer le temps

  • protéger son fonctionnement lorsque les émotions débordent

  • interagir sainement dans les espaces partagés

  • maintenir les soins personnels et l’hygiène en période de détresse

  • doser ses efforts et récupérer après une crise émotionnelle

 

Cette lecture est cohérente avec la littérature en ergothérapie. Une étude qualitative sur l’expérience occupationnelle des personnes vivant avec un trouble de la personnalité montre que les occupations peuvent servir à faire face à la détresse, à recréer un lien avec les autres ou à retrouver un certain contrôle. Les auteur·trice·s soulignent aussi que ces personnes ont des besoins occupationnels spécifiques, et que les ergothérapeutes peuvent soutenir l’engagement dans des occupations socialement valorisées tout en réduisant l’engagement dans des occupations dommageables (Potvin et al., 2019).

 

 

L’ergothérapie aide à la régulation émotionnelle en contexte

 

Dans le TPL, la régulation émotionnelle ne se fait pas dans le vide. Elle se joue :

 

  • pendant un échange de textos conflictuel

  • au milieu d’une journée de travail

  • avant une présentation

  • après un rejet perçu

  • dans les transitions, l’attente ou l’incertitude

  • lorsqu’il faut essayer de dormir, manger ou rester constant·e

 

L’ergothérapie peut aider à identifier comment la dysrégulation émotionnelle affecte la participation réelle et à construire des stratégies concrètes plus faciles à utiliser sur le moment. Cela peut inclure :

 

  • des stratégies sensorielles et environnementales de régulation

  • des routines structurées

  • des plans pour les moments vulnérables de la journée

  • des menus de coping après déclenchement

  • du gradage d’activité

  • la réduction des cycles d’évitement

  • une planification adaptée aux exigences du travail, des études et des relations

 

 

L’ergothérapie peut soutenir le fonctionnement au travail et aux études

 

Le TPL est associé à du chômage et à une atteinte du fonctionnement, et la recherche émergente suggère que le soutien vocationnel est important. Une revue de portée de 2023 a montré que tous les programmes de réadaptation à l’emploi identifiés pour les personnes vivant avec un TPL comprenaient une composante psychothérapeutique émotionnelle en plus d’objectifs liés au travail, ce qui souligne l’importance de combiner soutien émotionnel et soutien concret à l’emploi. La revue insiste aussi sur la nécessité de mieux tenir compte des obstacles structurels et de soutenir l’entrée et le maintien en emploi (Kernot et al., 2023).

 

Une étude qualitative de 2025 sur le fonctionnement au travail chez les personnes vivant avec un TPL a montré que les stratégies favorisant le bien-être et la performance comprenaient des routines stables, des habitudes soutenant la santé, l’autorégulation, des relations de travail positives, la gestion du temps et des tâches, des environnements calmes et du soutien de la part des collègues ou gestionnaires. Ce sont exactement le type d’éléments que l’ergothérapie peut cibler de façon très concrète (Larivière et al., 2025).

 

 

L’ergothérapie peut aider à reconstruire l’identité à travers le faire

 

L’instabilité identitaire est fréquente dans le TPL. L’ergothérapie peut aider à reconnecter la personne à qui elle est en explorant :

 

  • quelles activités sont apaisantes

  • quels rôles semblent authentiques

  • quelles routines soutiennent la stabilité

  • quels environnements augmentent la dysrégulation

  • quelles formes de participation soutiennent l’estime de soi plutôt que la honte

 

Cela est important parce que les occupations ne servent pas seulement à remplir le temps. Elles participent à la construction de l’identité, du sentiment d’efficacité, de la structure et du rétablissement. La littérature occupationnelle suggère qu’il est essentiel de comprendre la signification de ce que les personnes font, y compris les activités que d’autres comprennent mal, afin de développer des interventions plus humaines et plus efficaces (Potvin et al., 2019).

 

 

À quoi peut ressembler le traitement à Vivago

Psychothérapie individuelle

 

Cela peut inclure une thérapie inspirée de la TCD, la TCC, un travail inspiré de la MBT, la thérapie centrée sur les schémas, des approches sensibles au trauma et des interventions relationnelles selon les besoins de la personne. La psychothérapie fondée sur les données probantes demeure le noyau du traitement (Mayo Clinic, 2024; NHS, n.d.).

 

 

Ergothérapie

 

L’ergothérapie peut cibler la régulation émotionnelle dans la vie quotidienne, la participation au travail ou aux études, le développement de routines, les soins personnels, l’équilibre occupationnel, la gestion du temps, le fonctionnement dans les rôles, et la récupération après le stress ou les conflits. Cela est particulièrement pertinent lorsque les symptômes affectent fortement le fonctionnement.

 

 

Psychiatrie ou soutien médicamenteux lorsque pertinent

 

La médication n’est pas le traitement principal du TPL, mais elle peut être utilisée pour cibler une dépression, une anxiété, des symptômes de l’humeur, des problèmes de sommeil ou d’autres conditions associées. Il n’existe actuellement aucun médicament approuvé spécifiquement pour le TPL lui-même (Mayo Clinic, 2024).

 

 

Soutien familial ou interventions collatérales

 

Une meilleure compréhension familiale peut réduire les conflits et améliorer la cohérence de l’environnement. Mayo Clinic note qu’une bonne prise en charge du TPL peut inclure thérapie individuelle, groupe, éducation familiale et médication pour des conditions associées lorsque pertinent (Mayo Clinic, 2024).

 

 

Planification de crise et travail sur la sécurité

 

Pour les client·e·s présentant de l’automutilation, de la suicidalité ou des escalades rapides, le traitement devrait inclure une planification claire des crises, un travail sur la sécurité et une coordination des soins. Lorsque le risque augmente, un niveau de soins plus intensif peut être nécessaire (Mayo Clinic, 2024).

 

 

Meilleures pratiques dans le traitement du trouble de la personnalité limite

 

 

Utiliser une posture non culpabilisante et sensible au trauma

 

Les personnes vivant avec un TPL bénéficient de clinicien·ne·s validant·e·s, clair·e·s, cohérent·e·s et contenant·e·s. La honte tend à aggraver la dysrégulation. Une approche sensible au trauma aide à réduire les réactivations de rejet, d’abandon ou d’impuissance.

 

 

Prioriser la continuité plutôt que la fragmentation

 

Les soins sont souvent plus efficaces lorsqu’ils sont cohérents et soutenus dans le temps. Le NHS décrit par exemple des parcours coordonnés comme le Care Programme Approach pour les cas modérés à sévères, incluant évaluation, plan de soins, coordination et révision régulière (NHS, n.d.).

 

 

Traiter la personne, pas seulement le diagnostic

 

Deux personnes vivant avec un TPL peuvent avoir besoin de plans très différents. L’une peut avoir surtout besoin de réduction des crises et de soutien face à l’automutilation. Une autre peut surtout avoir besoin de soutien au retour au travail, à la stabilisation du sommeil et aux relations. Une autre encore peut avoir besoin qu’un travail sur le trauma soit séquencé avant un travail relationnel plus profond.

 

 

Mesurer les résultats fonctionnels, pas seulement l’intensité des symptômes

 

Les meilleures pratiques devraient suivre :

 

  • la constance dans la présence et le suivi

  • la régularité des soins personnels

  • la stabilité du sommeil

  • la participation au travail ou aux études

  • la fréquence des conflits

  • le temps nécessaire pour récupérer après un déclencheur

  • la capacité à utiliser des stratégies dans le moment

  • la capacité à poser des limites et réparer les relations

 

Intégrer les objectifs liés au travail, aux routines et à la participation

 

La littérature occupationnelle et vocationnelle suggère que le soutien au travail, aux routines, à la régulation et à l’environnement ne devrait pas être secondaire. Les approches combinées semblent particulièrement importantes (Kernot et al., 2023; Larivière et al., 2025).

 

 

Être explicite sur l’espoir

 

De nombreuses personnes vivant avec un TPL s’améliorent de façon importante avec le temps. Le NHS précise que plusieurs personnes dépassent leurs symptômes et récupèrent, tandis que Mayo Clinic indique que le traitement peut aider à se sentir mieux dans sa peau et à vivre une vie plus stable et plus satisfaisante. Ce message est cliniquement responsable et très important pour l’engagement (NHS, n.d.; Mayo Clinic, 2024).

 

 

Quand consulter

 

Il peut être pertinent d’aller chercher de l’aide si vous vivez :

 

  • des ruptures relationnelles répétées et très souffrantes

  • des montagnes russes émotionnelles qui perturbent votre quotidien

  • des envies d’automutilation ou des pensées suicidaires

  • un vide chronique, une confusion identitaire ou une peur intense de l’abandon

  • des comportements impulsifs qui nuisent à votre vie

  • une instabilité répétée au travail, aux études ou dans la vie quotidienne

  • une grande difficulté à redescendre après du stress interpersonnel

  • des schémas qui se répètent malgré une certaine conscience

 

Une évaluation plus approfondie peut aider à clarifier ce qui se passe et à identifier le type de soutien le plus approprié.

 

 

Questions fréquentes

 

 

Le trouble de la personnalité limite se traite-t-il?

 

Oui. La psychothérapie est le traitement principal, et de nombreuses personnes s’améliorent significativement avec le temps (Mayo Clinic, 2024; NHS, n.d.).

 

 

La TCD est-elle la seule thérapie utile?

 

Non. La TCD est l’une des approches les plus connues et soutenues, mais la TCC, la thérapie centrée sur les schémas, la MBT et STEPPS peuvent aussi être utiles selon les besoins de la personne (Mayo Clinic, 2024).

 

 

L’ergothérapie peut-elle aider pour le TPL?

 

Oui, surtout lorsque le TPL affecte les routines, les soins personnels, le travail, les études, le repos, la régulation émotionnelle dans la vie quotidienne et l’identité occupationnelle. La littérature en ergothérapie soutient l’importance de comprendre les besoins de participation, de structure, de sens et de fonctionnement dans cette population (Potvin et al., 2019; Kernot et al., 2023; Larivière et al., 2025).

 

 

La médication suffit-elle à elle seule?

 

Généralement non. La médication peut aider certains symptômes associés ou certaines conditions concomitantes, mais la psychothérapie demeure le traitement principal (Mayo Clinic, 2024).

 

 

Peut-on travailler, étudier et avoir des relations stables avec un TPL?

 

Oui, mais plusieurs personnes ont besoin d’un soutien structuré pour y arriver. La recherche sur le travail et le fonctionnement occupationnel dans le TPL suggère que les routines, les stratégies d’autorégulation, les aménagements environnementaux et les interventions combinées peuvent faire une réelle différence (Kernot et al., 2023; Larivière et al., 2025).

 

Références

 

Kernot, J., Baker, A., Oster, C., Petrakis, M., & Dawson, S. (2023). Employment interventions to assist people who experience borderline personality disorder: A scoping review. International Journal of Social Psychiatry.

 

Larivière, N., et al. (2025). What strategies do people with borderline personality disorder use to maintain their well-being and performance at work?

 

Leichsenring, F., et al. (2024). Borderline personality disorder: A comprehensive review of diagnosis and clinical presentation, etiology, treatment, and current controversies.

 

Mayo Clinic. (2024). Borderline personality disorder: Diagnosis and treatment.

 

NHS. (n.d.). Treatment – Borderline personality disorder.

 

Potvin, O., et al. (2019). Experience of occupations among people living with a personality disorder.

 

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