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Comprendre les attaques de panique et le trouble panique

Ce que c’est, pourquoi elles surviennent et comment leur donner du sens

Rédigé par Gio Arcuri, OT, MSc

Ergothérapeute en santé mentale

Chargé de cours, Université McGill

Fondateur de la Clinique Vivago

22 février 2026

Important Medical & Clinical Disclaimer

The information provided on this page is for educational and informational purposes only. It does not constitute medical, psychological, psychiatric, or therapeutic advice.

 

This content is not intended to:

 

  • Diagnose any mental health condition

  • Replace individualized clinical assessment

  • Recommend specific medications or treatment plans

  • Substitute for consultation with a licensed healthcare professional

 

Treatment decisions — including whether to start, stop, or adjust medication — must always be made in consultation with a qualified physician, psychiatrist, nurse practitioner, or other authorized prescriber.

Les attaques de panique peuvent être terrifiantes.

 

Votre cœur s’emballe.

Votre poitrine se serre.

Vous vous sentez étourdi·e ou déconnecté·e.

Vous pouvez penser que vous êtes en train de mourir, de perdre le contrôle ou de « devenir fou/folle ».

 

Si vous avez déjà recherché :

 

  • « Est-ce que je fais une attaque de panique ? »

  • « Pourquoi cela continue-t-il d’arriver ? »

  • « Les attaques de panique sont-elles dangereuses ? »

  • « Quelle est la différence entre anxiété et panique ? »

 

Vous n’êtes pas seul·e.

 

Ce guide propose une explication claire et fondée sur les données probantes des attaques de panique et du trouble panique — appuyée par les recherches actuelles en psychiatrie et en psychologie.

 

Si vous cherchez spécifiquement comment traiter le trouble panique, consultez notre page sur les options de traitement pour les attaques de panique.

Qu’est-ce qu’une attaque de panique ?

 

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5-TR) (American Psychiatric Association, 2022), une attaque de panique est :

 

Une montée soudaine de peur intense ou d’inconfort qui atteint un pic en quelques minutes.

 

Les symptômes doivent inclure quatre ou plus des éléments suivants :

 

  • Palpitations ou accélération du rythme cardiaque

  • Transpiration

  • Tremblements ou secousses

  • Sensation d’essoufflement

  • Douleur ou inconfort thoracique

  • Nausées

  • Étourdissements ou sensation d’évanouissement

  • Frissons ou bouffées de chaleur

  • Engourdissement ou picotements

  • Déréalisation ou dépersonnalisation

  • Peur de perdre le contrôle

  • Peur de mourir

 

Les attaques de panique sont limitées dans le temps. Elles atteignent généralement leur intensité maximale en 5 à 20 minutes et se résorbent en environ 30 minutes.

 

Elles sont extrêmement inconfortables — mais ne sont pas dangereuses en elles-mêmes.

 

 

Qu’est-ce que le trouble panique ?

 

Le trouble panique est diagnostiqué lorsque :

 

  • Il y a des attaques de panique récurrentes et inattendues

  • Au moins une attaque est suivie d’un mois ou plus de préoccupations persistantes concernant la survenue d’autres attaques

  • Il y a des changements comportementaux importants (évitement)

 

(APA, 2022)

 

Toutes les personnes qui vivent des attaques de panique ne développent pas un trouble panique.

 

La différence clé est la peur persistante et l’évitement.

 

 

La neurobiologie de la panique

 

La panique implique une activation rapide :

 

  • De l’amygdale (détection de menace)

  • Du système nerveux sympathique

  • Du locus coeruleus (activation noradrénergique)

  • De l’axe HHS (hypothalamo-hypophyso-surrénalien, régulation des hormones du stress)

 

Certaines personnes présentent une sensibilité accrue aux niveaux de dioxyde de carbone (Klein, 1993) ainsi qu’une réactivité augmentée aux sensations internes.

 

Cela aide à comprendre pourquoi l’essoufflement ou les étourdissements peuvent déclencher une cascade de peur.

 

 

Le modèle cognitif de la panique (Clark, 1986)

 

L’un des modèles les plus influents propose :

 

  1. Une sensation corporelle survient (ex. : augmentation du rythme cardiaque).

  2. Elle est interprétée comme catastrophique.

  3. L’anxiété augmente.

  4. Les symptômes physiques s’intensifient.

  5. Une attaque de panique se déclenche.

 

Exemple :

 

Cœur qui s’emballe → « Je fais une crise cardiaque » → Peur → Plus d’adrénaline → Cœur encore plus rapide → Panique complète.

 

Cette boucle peut se produire en quelques secondes.

Attaque de panique vs attaque d’anxiété

 

« Attaque d’anxiété » n’est pas un diagnostic formel.

 

Attaques de panique :

 

  • Soudaines

  • Intenses

  • Très physiques

  • Pic rapide

 

Anxiété généralisée :

 

  • Progressive

  • Inquiétudes persistantes

  • Diffuse

  • Durable

 

Si le stress chronique vous semble plus pertinent, consultez notre page sur comprendre l’épuisement professionnel (burnout)

 

 

Sensibilité à l’anxiété

 

La sensibilité à l’anxiété correspond à la peur des sensations liées à l’anxiété (Taylor, 1999).

 

Les personnes ayant une sensibilité élevée peuvent interpréter :

 

  • Les étourdissements comme un évanouissement imminent

  • Les palpitations comme une défaillance cardiaque

  • Le brouillard mental comme une perte de contrôle

 

Cela augmente la vulnérabilité au trouble panique.

 

 

Les attaques de panique sont-elles dangereuses ?

 

Les attaques de panique :

 

  • Ne provoquent pas de crise cardiaque chez une personne en bonne santé

  • Ne causent pas de lésions cérébrales

  • Ne provoquent pas de psychose

 

Cependant, lors d’un premier épisode, une évaluation médicale est essentielle afin d’exclure :

 

  • Hyperthyroïdie

  • Arythmies cardiaques

  • Asthme

  • Hypoglycémie

  • Sevrage de substances

 

 

Panique et atteinte du fonctionnement

 

Le trouble panique devient invalidant lorsque l’évitement s’installe.

 

Impacts fréquents :

 

Travail :

 

  • Éviter les réunions

  • Éviter les déplacements

  • Diminution de la concentration

 

Vie quotidienne :

 

  • Éviter de conduire

  • Éviter l’exercice

  • Éviter d’être seul·e

 

Social :

 

  • Éviter les foules

  • Éviter les restaurants

  • Éviter les voyages

 

C’est ainsi que l’agoraphobie peut se développer.

 

 

Panique, trauma et système nerveux

 

Le trauma peut augmenter l’activation de base du système nerveux et l’hypervigilance.

 

Chez certaines personnes, la panique est liée à une activation physiologique associée au trauma.

 

Pour approfondir consultez notre page sur Comprendre le trauma et comprendre le système nerveux.

 

 

Panique et TDAH

 

La dysrégulation émotionnelle, l’impulsivité et la sensibilité intéroceptive associées au TDAH peuvent compliquer les symptômes de panique.

 

Si la régulation attentionnelle est aussi une préoccupation veuillez lire sur Comprendre le TDAH chez l’adulte.

 

 

Vignettes cliniques

 

 

Le dirigeant qui a cessé de conduire

 

Après une attaque de panique sur l’autoroute, l’évitement s’est progressivement élargi jusqu’à l’arrêt complet de la conduite. Les tests médicaux étaient normaux. L’évitement entretenait le cycle.

 

 

L’étudiante avec des « problèmes cardiaques »

 

Des visites à l’urgence ont exclu une cause cardiaque. La sensibilité à l’anxiété amplifiait des variations physiologiques normales.

 

 

Panique liée au trauma

 

L’hyperactivation chronique rendait les épisodes de panique plus probables dans certains environnements spécifiques.

 

 

Les attaques de panique disparaissent-elles ?

 

Parfois.

 

Mais lorsque l’évitement s’étend ou que les attaques deviennent récurrentes, un traitement fondé sur les données probantes améliore significativement le pronostic.

 

Pour un aperçu détaillé des options de traitement :

→ Options de traitement des attaques de panique et du trouble panique (/panic-anxiety-treatment-options)

Références 

American Psychiatric Association. (2022). DSM-5-TR.

Clark, D. M. (1986). Behaviour Research and Therapy.

Craske, M. G., & Barlow, D. H. (2007). Mastery of Your Anxiety and Panic.

Klein, D. F. (1993). False suffocation alarms.

Taylor, S. (1999). Anxiety Sensitivity.

Questions fréquentes sur les attaques de panique

 

 

Une attaque de panique peut-elle survenir pendant le sommeil ?

 

Oui. Les attaques de panique nocturnes peuvent réveiller une personne en plein sommeil avec une sensation d’étouffement, des palpitations ou une peur intense. Elles ne sont pas dangereuses, mais peuvent être très déstabilisantes.

 

 

Peut-on mourir d’une attaque de panique ?

 

Non. Une attaque de panique n’entraîne pas de décès. Les symptômes sont liés à une activation intense du système nerveux, mais ils ne causent pas d’arrêt cardiaque ni de dommage cérébral chez une personne en santé.

 

 

Pourquoi ai-je l’impression de devenir fou/folle pendant une attaque ?

 

La déréalisation et la dépersonnalisation sont des symptômes fréquents. Elles résultent d’une activation intense du système nerveux et ne signifient pas une perte de contact avec la réalité.

 

 

Est-ce que les attaques de panique sont héréditaires ?

 

Il existe une composante génétique modérée (Hettema et al., 2001), mais l’environnement, le stress chronique et les expériences de vie jouent également un rôle important.

 

 

Le café peut-il déclencher une attaque de panique ?

 

Oui. La caféine augmente l’activation physiologique (rythme cardiaque, vigilance), ce qui peut déclencher une attaque chez les personnes sensibles.

 

 

Quelle est la différence entre une crise d’angoisse et une attaque de panique ?

 

Au Québec, les termes sont souvent utilisés de façon interchangeable. En clinique, “attaque de panique” correspond à un ensemble précis de critères diagnostiques définis dans le DSM-5-TR.

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