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Limites et consentement

Rédigé par :

Celine Hourani

Stagiaire en ergothérapie

Candidate à la maîtrise en ergothérapie (MSc)


Supervision clinique :

Gio Arcuri, ergothérapeute, MSc

Membre de l’Ordre des ergothérapeutes du Québec


22 février 2026


Deux personnages assis face à face, se tenant les mains, entourés de fleurs et de cœurs roses, exprimant amour et complicité.


Que sont vraiment les limites ?

Les limites sont les repères que nous établissons autour de notre temps, de notre énergie, de notre corps, de nos émotions et de nos responsabilités. Ce ne sont pas des murs destinés à exclure les autres ; ce sont des balises qui clarifient ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.


Des limites saines répondent à des questions comme :


  • De quoi ai-je la capacité en ce moment ?

  • Qu’est-ce qui me semble sécuritaire ?

  • De quoi suis-je responsable, et de quoi ne le suis-je pas ?



Il est important de comprendre que les limites ne sont pas statiques. Elles évoluent avec le temps, selon les contextes, et en fonction de nos ressources et de nos besoins.


Une idée reçue fréquente veut que poser des limites soit égoïste. En réalité, les limites rendent la connexion durable possible. Sans elles, le ressentiment s’accumule, l’épuisement s’installe et les relations se fragilisent sous le poids d’attentes non exprimées.


Le consentement au-delà du « oui » et du « non »

Le consentement est souvent réduit à un simple échange verbal, surtout dans les discussions autour de la sexualité. Pourtant, le consentement est une éthique plus large qui s’applique à toutes les sphères de la vie.


Le consentement signifie :


  • Libre : donné sans pression, manipulation ou crainte de conséquences

  • Éclairé : avec une compréhension claire de ce à quoi l’on consent

  • Spécifique : accepter une chose ne signifie pas accepter tout

  • Réversible : il peut être retiré à tout moment

  • Enthousiaste : non seulement toléré, mais véritablement désiré



Le consentement ne concerne pas uniquement le corps. Il s’applique aussi au travail émotionnel, au toucher, aux sujets de conversation, aux conflits, au soin apporté aux autres, à l’organisation du travail et même à l’accès à l’histoire ou aux traumatismes de quelqu’un.


Demander le consentement n’est pas maladroit — c’est un acte de respect. Cela signifie : je tiens à ton autonomie.


Cette difficulté est souvent liée à l’anxiété et à la peur du rejet.

Deux hommes assis dans l'herbe près d'un arbre, discutant amicalement. Fleurs colorées autour, ambiance détendue et ensoleillée.

Les dynamiques de pouvoir et pourquoi le consentement est complexe

Le consentement et les limites n’existent pas dans le vide. Les dynamiques de pouvoir influencent la sécurité ressentie lorsqu’il s’agit de dire « non ».


Pour de nombreuses personnes marginalisées — notamment les personnes queer et trans, les personnes grosses, les personnes en situation de handicap, les communautés racisées, les personnes migrantes et les survivant·e·s de violence — dire non peut comporter de réels risques : rejet, punition, violence, perte de logement, perte de soins ou étiquette de « personne difficile ».


Cela est particulièrement vrai pour les personnes ayant vécu un traumatisme.

C’est pourquoi le consentement doit être compris comme une pratique, et non comme une simple case à cocher. Il exige que les personnes ayant davantage de pouvoir (social, institutionnel ou interpersonnel) ralentissent, vérifient et rendent le refus réellement sécuritaire.


Respecter le consentement signifie accepter un « non » sans punition, culpabilisation ou retrait d’affection ou de soutien.


Dire non n’est pas un échec

Beaucoup d’entre nous ont appris qu’être « une bonne personne » signifiait être accommodant·e, se sacrifier et taire ses besoins. Apprendre à poser des limites peut susciter de la culpabilité, de la peur ou même du deuil, surtout si ces limites n’ont pas été respectées par le passé.


Mais dire non n’est pas un échec moral. C’est une forme d’honnêteté.


Chaque limite claire est une invitation à une relation plus authentique — une relation où les attentes sont exprimées plutôt que supposées, et où le soin est mutuel plutôt qu’extractif.


Ces dynamiques peuvent aussi s’inscrire dans des patterns de codépendance.

Pratiquer le consentement comme forme de soin

Le consentement et les limites ne sont pas une question de perfection. Il nous arrive de nous tromper, de mal comprendre et d’avoir besoin de réparer. Ce qui importe, c’est un engagement partagé envers l’écoute, la responsabilité et le changement.


Pratiquer le consentement, c’est poser des questions comme :


  • « As-tu la capacité pour ça en ce moment ? »

  • « Est-ce que c’est correct si je partage quelque chose de lourd ? »

  • « De quoi as-tu besoin en ce moment ? »

  • « Dis-moi si tu veux arrêter ou changer de direction. »


Ces questions contribuent à créer un monde où les personnes ne sont pas contraintes à la connexion, mais la choisissent.



Besoin de soutien pour poser vos limites ?

Si vous vous reconnaissez dans ces dynamiques — difficulté à dire non, épuisement relationnel ou anxiété — notre équipe en ergothérapie et en psychologie peut vous accompagner.



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