Les meilleures pratiques en ergothérapie pour l’inclusion des personnes 2ELGBTQIA+
- Giovanni Arcuri
- 27 nov. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 janv.
Par Giovanni (Gio) Arcuri, ergothérapeute, MSc
Clinique de santé inclusive Vivago
27 Novembre 2025
Je suis heureux d’annoncer que mon document « Favoriser l’inclusion des personnes 2ELGBTQIA+ en ergothérapie : un appel à la transformation ancrée dans la justice occupationnelle » est maintenant publié par l’Ordre des ergothérapeutes du Québec et accessible :
• via le site officiel de l’OEQ
et
• dans la revue Occupation : ergothérapeute, Volume 6, Numéro 4, Automne 2025, à la page 28
Le document complet se trouve ici :
Ce travail reflète un engagement profond envers des soins accessibles, sécuritaires et adaptés à la diversité des expériences des personnes LGBTQ+. Il s’inscrit dans la mission de la profession d’ergothérapie, qui place la participation occupationnelle, la justice et la dignité humaine au cœur de sa pratique.
Un travail soutenu et encouragé par l’Ordre
Je tiens à souligner le leadership essentiel de :
Leur soutien a permis d’amener ces orientations inclusives au premier plan et d’offrir à la profession un document s’appuyant sur des données probantes et des besoins cliniques réels.
Pourquoi ce document ?
Comme je l’écris dans l’introduction du document :
« Les personnes 2ELGBTQIA+ rencontrent de nombreux obstacles dans le système de santé : stigmatisation, discrimination, invalidation de leur identité, violence médicale et manque de formation inclusive des professionnel(le)s. »
Les recherches récentes confirment ces constats :
• stigmatisation systémique (Comeau et al., 2023)
• refus de soins ou interventions inadaptées (Safer et al., 2016)
• méfiance envers les institutions (Scheim et al., 2021)
• risques accrus en santé mentale (Liu et al., 2023 ; Kingsbury et al., 2022)
Or, comme je le rappelle:
« Grâce à notre capacité à voir au-delà de l’individu et à transformer les environnements, nous sommes parmi les mieux placé(e)s pour répondre aux besoins complexes des populations historiquement marginalisées. »
STRATÉGIES D’INCLUSION
(tirées du tableau p.7–8 — reproduction fidèle)
1. Créer un espace sécuritaire
Comme mentionné dans le document :
« Afficher des symboles inclusifs (drapeau LGBTQ+, autocollant Safe Space), demander et utiliser le prénom et les pronoms choisis, employer un langage inclusif, adapter les formulaires. »
• Symboles inclusifs (drapeau, Safe Space)
• Prénom et pronoms choisis
• Langage neutre et inclusif
• Formulaires non binaires et ouverts
Références : MacDonnell et al., 2019 ; WPATH, 2022 ; LGBTQIA Health Education Center, 2017
2. Adapter les soins aux réalités LGBTQIA+
« Revoir les outils d’évaluation, adapter l’environnement sensoriel, développer une sensibilité à la détresse liée aux expériences minoritaires. »
• Évaluations révisées et non genrées
• Lumière tamisée, espace calme
• Approche sensible en contexte de détresse
Références : Warrier et al., 2020 ; Liu et al., 2023
3. Soutenir les occupations affirmatives
« Encourager les activités identitaires (arts queers, drag, militantisme, sport inclusif) et formuler des objectifs centrés sur l’identité. »
• Arts queers, drag, militantisme, sport inclusif
• Objectifs thérapeutiques affirmatifs
• Co-construction avec les communautés
Références : Tintinger et al., 2024 ; Morrison et al., 2024 ; CBRC, 2024

STRATÉGIES POUR RÉDUIRE LES BIAIS IMPLICITES
(tirées du tableau p.6 — reproduction fidèle)
Comme j’écris dans le document :
« Nos expériences, notre éducation et nos identités influencent notre manière de voir le monde. Cela crée des biais implicites — des croyances inconscientes qui peuvent influencer ou fausser notre perception. »
1. Autoréflexion continue
Supervision, co-vision, journal clinique
Références : Morris et al., 2019 ; Hammell & Iwama, 2012
2. Apprentissage continu
Participation à des formations, événements en justice sociale
Référence : Yu et al., 2023
3. Développement de compétences
Consultation d’experts, formations ciblées
Références : Kokorelias et al., 2025 ; Konidaris et al., 2025
4. Pause réflexive
Suspension du jugement, recentrage
Références : Lee et al., 2021 ; Agner, 2020
5. Questions ouvertes sur l’identité
Ex. : « Y a-t-il des aspects de votre identité qui influencent votre manière de recevoir des soins ? »
Références : Braybrook et al., 2023
6. Nommer les oppressions
Racisme, transphobie, capacitisme, colonialisme
Références : Trentham, 2022 ; Pooley, 2021
7. Analyse critique des outils
Détection des biais normatifs
Références : Townsend & Wilcock, 2004
8. Formation continue ciblée
Discussions d’équipe, lectures communes
Références : Primeau et al., 2023
Fondements théoriques clés
« L’intersectionnalité nous aide à voir comment les identités s’entrecroisent avec des systèmes d’oppression. Le modèle PEO nous invite à intervenir sur la personne, l’environnement et l’occupation. »
• Intersectionnalité (Crenshaw, 1989 ; Hill Collins, 2000)
• Justice occupationnelle (Townsend & Wilcock, 2004)
• Humilité culturelle (Agner, 2020 ; MacKenzie & Hatala, 2019)
• Neurodivergence et diversité de genre (George et Stokes, 2018 ; Strang et al., 2018 ; Warrier et al., 2020)
Conclusion
L’inclusion n’est pas un complément : elle est déjà au cœur de la pratique

.
Ce document vise à offrir :
• des stratégies concrètes,
• fondées sur des données probantes,
• alignées avec notre mandat professionnel
• et applicables dans tous les milieux de pratique.
Je vous invite à consulter le document complet sur le site de l’Ordre et à le partager au sein de vos équipes.
À propos de l'auteur

Gio Arcuri, erg., M. Sc., est ergothérapeute, chargé de cours à l’Université McGill, entrepreneur en santé, écrivain et chef de la direction de la Clinique de santé inclusive Vivago. Il est également président de la Fondation Vivago, où il œuvre à l’avancement de la santé mentale inclusive. Ses travaux — notamment sur les soins centrés sur la famille et l’accès aux services de santé mentale pour les jeunes adultes — ont été publiés dans des revues évaluées par les pairs ainsi que dans des chapitres d’ouvrages collectifs. Gio est aussi membre du comité d’expert·e·s en santé mentale de la Fondation Jeunes en tête et chroniqueur pour Les Connecteurs sur Apple News. Il a également été présenté dans La Presse et à l’émission AMI-télé, où il partage largement son expertise. Il défend des soins fondés sur les données probantes, accessibles et inclusifs, particulièrement auprès des communautés 2SLGBTQIA+.




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