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L’ergothérapie pédiatrique : réponses aux questions fréquentes des parents à la traitement sensorielClinique Vivago

Le 3 février 2026


Votre enfant éprouve des difficultés à gérer ses émotions, présente des sensibilités sensorielles, a du mal à jouer avec les autres ou à suivre les routines quotidiennes? Découvrez comment l'ergothérapie pédiatrique peut soutenir votre famille au quotidien. (P.S. : aucun diagnostic ni référence médicale requis!)


Quand le quotidien semble différent ou plus difficile que prévu : l’ergothérapie pédiatrique peut aider

« Je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de “mal” avec mon enfant… mais traverser la journée est épuisant. »

Ce ressenti est important et tout à fait valide. Plusieurs parents se posent ensuite des questions comme : De quoi mon enfant a-t-il besoin que j’ai du mal à comprendre? Comment puis-je mieux le soutenir dans ses routines quotidiennes? Quelles stratégies sont réellement aidantes?


C’est souvent à ce moment qu’une ergothérapeute en pédiatrie peut intervenir. L’ergothérapie permet de mieux comprendre comment votre enfant vit et perçoit le monde, et d’accompagner les activités du quotidien afin que s’habiller, jouer, manger, effectuer des transitions ou aller à l’école deviennent plus accessibles. Votre enfant mérite d’être compris. Le regard de l’ergothérapie offre des pistes concrètes et réalistes pour soutenir votre famille et rendre le quotidien plus vivable et plus doux.


Enfants qui jouent ensemble
Enfants qui jouent ensemble

Une approche neuroaffirmative

La neurodiversité repose sur l’idée qu’il existe une grande diversité de façons de penser, de ressentir, d’apprendre et de se développer, et que des différences comme l’autisme, le TDAH, la dyslexie ou les particularités sensorielles font partie de la variation humaine normale — et non de problèmes à corriger.


Une approche affirmant la neurodiversité part du principe que les enfants ne sont pas brisés. Leur système nerveux, leurs besoins sensoriels, leurs rythmes émotionnels et leurs façons d’interagir avec le monde sont simplement différents. Plutôt que de se demander « Comment faire entrer cet enfant dans le moule? », cette approche invite à se demander : « De quoi cet enfant a-t-il besoin pour se sentir en sécurité, compris et soutenu? »


Pour les parents, les éducateurs et les équipes de soutien, cela signifie mettre l’accent sur les forces, respecter les différences de communication et de régulation, et ajuster les environnements et les attentes afin que les enfants puissent s’épanouir tels qu’ils sont. C’est privilégier la connexion plutôt que la correction, et accompagner les enfants vers la confiance et l’acceptation — sans honte.


À la Clinique Vivago, nous croyons que les différences ne sont pas des déficits et que le soutien doit s’adapter aux environnements plutôt que forcer les enfants à masquer qui ils sont. Cette philosophie s’inscrit dans les modèles de santé axés sur la participation et les meilleures pratiques actuelles en ergothérapie pédiatrique, qui valorisent l’inclusion, la participation significative et le soutien dans les contextes de vie réels (OMS, 2001 ; AOTA, 2020).



Quand socialiser n’est pas le point fort d’un enfant


« Mon enfant évite le contact visuel ou préfère jouer seul. »

La socialisation est une habileté qui se développe — on ne naît pas expert en relations humaines. Plusieurs enfants apprennent et se connectent mieux sans contact visuel direct, ou préfèrent le jeu parallèle (jouer à côté des autres plutôt qu’en interaction directe). Cela ne signifie pas un manque d’intérêt, d’empathie ou de désir de relation.


Du point de vue de l’ergothérapie, le contact visuel n’est pas un prérequis à l’apprentissage ni à la création de liens. Certains enfants traitent même le langage plus efficacement sans regarder directement leur interlocuteur. La pression sociale liée au regard ou à l’interaction constante peut être envahissante. Le bruit, les mouvements ou la surcharge visuelle peuvent également compliquer l’engagement.


À la maison, il est possible de soutenir la connexion en s’asseyant à côté de l’enfant plutôt que face à face, en rejoignant son jeu sans le diriger, et en commentant ce que vous observez plutôt qu’en posant de nombreuses questions. Ces petits ajustements diminuent la pression, augmentent le sentiment de sécurité et favorisent des liens plus authentiques.


À quoi peuvent ressembler l’autorégulation et la régulation émotionnelle


« Mon enfant aligne ses jouets ou a besoin que les choses soient faites d’une certaine façon. »

L’autorégulation et la régulation émotionnelle permettent à l’enfant de gérer son corps, ses émotions et ses réactions face à l’environnement. L’autorégulation concerne la gestion des impulsions, du niveau d’alerte et de l’organisation, tandis que la régulation émotionnelle touche la compréhension et l’expression d’émotions intenses comme la joie, la frustration, la colère ou l’inquiétude.


La répétition et la prévisibilité aident souvent les enfants à réguler leur système nerveux, à se sentir en sécurité et à réduire l’incertitude — surtout lorsque le monde leur semble envahissant. Les routines peuvent offrir un sentiment de contrôle lorsque l’environnement paraît imprévisible.


En ergothérapie, le jeu répétitif est considéré comme une stratégie d’adaptation, et non comme un problème. Les routines ou la rigidité deviennent préoccupantes seulement lorsqu’elles génèrent une détresse importante ou limitent la participation au quotidien. La flexibilité peut être développée graduellement. À la maison, il est aidant de respecter le jeu répétitif avant d’introduire un changement, d’ajouter une petite variation à la fois et de maintenir des routines prévisibles tout en offrant des choix simples (Dunn, 1997 ; Case-Smith et coll., 2015).


Enfant jouant avec un train jouet
Enfant jouant avec un train jouet


Quand les transitions deviennent une lutte constante


« Les transitions provoquent des crises et des débordements émotionnels (surtout pour s’habiller ou quitter la maison). »

Les transitions imposent de fortes exigences au système nerveux : arrêter une activité appréciée, changer de focus, tolérer de nouvelles sensations — souvent rapidement. Lorsqu’un enfant a de la difficulté avec les transitions, il ne s’agit pas de défiance, mais bien d’un enjeu de régulation.


En ergothérapie, les transitions font partie des défis les plus fréquemment rencontrés. De petits soutiens peuvent faire une grande différence : annoncer le temps restant (« encore cinq minutes, puis les bas »), utiliser des horaires visuels ou des photos, ou transformer les transitions en jeux. Ces stratégies permettent à l’enfant de se préparer et de passer d’une activité à l’autre plus sereinement (Schaaf & Mailloux, 2015).



Les systèmes sensoriels : une tapisserie de notre façon de vivre le monde


« Certains vêtements sont insupportables. »

Certains enfants présentent une sensibilité tactile, où des sensations comme les étiquettes, les coutures, les bas, les ceintures ou certains tissus peuvent être perçues comme intenses, voire douloureuses. Il ne s’agit pas d’entêtement, mais de la façon dont leur système nerveux traite le toucher.


Du point de vue de l’ergothérapie, le confort sensoriel influence directement la régulation, l’attention et l’autonomie. À la maison, offrir deux choix acceptables, retirer les étiquettes, privilégier des vêtements sans coutures et s’habiller dans un moment calme plutôt que pressé peut grandement aider (Dunn, 1997 ; Schaaf et coll., 2014).


« Mon enfant mange seulement quelques aliments. »


La sélectivité alimentaire est fréquente, surtout chez les enfants ayant des particularités sensorielles. L’alimentation est une occupation fonctionnelle. La texture, l’odeur, la température et l’apparence influencent la tolérance sensorielle. La pression augmente souvent le refus, tandis que la confiance et l’exposition graduelle favorisent l’ouverture.


À la maison, inclure un aliment sécurisant, permettre l’exploration sans obligation de manger et éviter les luttes autour des repas peut soutenir l’évolution à long terme (Sharp et coll., 2017 ; AOTA, 2021).


« Mon enfant est submergé par le bruit, les lumières ou la foule. »


La surcharge sensorielle survient lorsque le système nerveux reçoit plus de stimulations qu’il ne peut en gérer confortablement. Chaque enfant a un seuil sensoriel différent. Les stratégies de régulation visent à soutenir la participation au quotidien, non à éviter la vie.


Cela peut inclure des pauses calmes, une préparation préalable aux situations stimulantes ou l’offre d’entrées régulatrices comme le mouvement ou la pression profonde. Si ces défis sont persistants, que les routines quotidiennes sont épuisantes ou que la participation familiale est limitée malgré vos efforts, il peut être pertinent de consulter en ergothérapie. L’auto-référence est possible, aucun diagnostic n’est requis, et demander du soutien est légitime.


Avant tout


Rencontrez votre enfant là où il est, et non là où le monde s’attend à ce qu’il soit. Votre enfant n’est ni brisé ni « difficile » : il a besoin d’être compris et soutenu d’une manière respectueuse de son vécu.


L’ergothérapie pédiatrique offre des outils, des stratégies et un éclairage précieux pour rendre le quotidien plus fluide et plus connecté — pour l’enfant comme pour sa famille. Avec le bon accompagnement, votre enfant peut s’épanouir pleinement, à sa façon unique et merveilleuse.


Enfant qui joue sur une tablette
Enfant qui joue sur une tablette


À propos de l’autrice, Mélanie Haffar, OT, MSc


Chaleureuse, engagée et profondément passionnée par le potentiel des enfants, Mélanie Haffar est ergothérapeute et accompagne les jeunes dans le développement des habiletés motrices, sensorielles, émotionnelles et sociales essentielles à leur quotidien. Elle détient une maîtrise en sciences de l’ergothérapie de l’Université McGill et adopte une approche réfléchie, centrée sur l’enfant et sa réalité.


Mélanie combine l’intervention par le jeu, l’intégration sensorielle et une collaboration étroite avec les familles, les milieux scolaires et les équipes de soins afin de favoriser des progrès concrets et durables. Forte d’une expérience en milieux hospitalier et privé en pédiatrie, elle offre des soins fondés sur les données probantes, empreints de bienveillance, qui permettent aux enfants de grandir avec confiance, plaisir et fierté d’être eux-mêmes.


Mots-clés : ergothérapie pédiatrique, ergothérapie pour enfants, sensibilités sensorielles chez l’enfant, transitions et crises chez l’enfant, approche affirmant la neurodiversité, ergothérapie sans diagnostic

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